Toucher le paradoxe, c’est s’approcher du mystère. L’arbre est le symbole ultime, d’où la psychologie et la psyché humaine peuvent y puiser du sens et une image de son ressenti et de sa réalité.

L’arbre est à l’image de l’humanité : de sa croissance fait émerger de la différentiation et de la séparation.

De l’unité de départ du tronc de l’arbre se déploient les branches et les feuilles ou les aiguilles. A la base, il y a uniquement une unité de tronc, au sommet une expansion et une diversité éparse et disparate de branches.

L’humanité a ses débuts n’est qu’unité : du principe de création au cri du nouveau né, ces similarités sont au delà du temps et des cultures. Puis les enfants au fur et à mesure de leur maturité grandissent et affirment leurs différences. Leurs particularités les caractérisent, mais aussi les séparent les uns des autres. Plus ils grandissent et s’individualisent, et plus ils s’éloignent les uns des autres. Malgré leurs séparations, leurs racines et leurs tronc sont communs. Malgré leurs distances les uns des autres, leurs origines et leurs premières étapes de maturité restent unité. Et leurs parties séparées contribuent à leur globalité.

Au sommet, tout n’est que séparation et apparentes solitudes. Mais les sommets ont probablement plus à apporter et à donner que lorsqu’ils étaient que des aspects non individualisés du tronc ou des branches de la base. C’est au bout de notre plus grand individualisation, pouvant n’apporter en apparence qu’isolement et séparation, qu’il est possible de donner le plus au groupe. Le fruit est l’aboutissement de la croissance du végétal, son ultime pointe. Mais ce fruit est également l’ultime offrande.

Reiner Maria Rilke écrit : « Un partage complet entre deux personnes est une impossibilité. Et chaque fois qu’il semble néanmoins exister, il s’agit d’un rétrécissement, d’un accord mutuel qui prive l’un des membres, ou les deux, de sa pleine liberté et de son développement. Mais, une fois admise que, même entre les êtres humains les plus proches, des distances infinies continuent d’exister, une merveilleuse cohabitation côte à côte peut grandir, s’ils parviennent à aimer la distance qui les sépare, ce qui permet à chacun de voir l’autre totalement sur un vaste ciel ».